<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654</id><updated>2011-11-30T04:59:07.876-08:00</updated><category term='Le roman de Colombe'/><category term='Premières pages d&apos;Ecrivain Academy'/><category term='Le roman de Tristan'/><category term='L&apos;interview de Tristan'/><category term='Le roman d&apos;Hercule'/><category term='L&apos;interview de Colombe'/><title type='text'>"Ecrivain Academy"</title><subtitle type='html'>Les aventures télévisées d'Hercule Freluquet / Roman interactif.</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>6</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-5346701845081006231</id><published>2008-08-19T10:16:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T06:01:44.103-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Premières pages d&apos;Ecrivain Academy'/><title type='text'>Les premières pages d'Ecrivain Academy...</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;À toi Hercule. Vas-y. Commence. Commence par nous dire qui tu es.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;- Et bien, bonjour. Je m’appelle Hercule. Hercule Freluquet.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je travaille comme Chef d’atelier dans une imprimerie, j’ai 48 ans, je suis marié à Anne, père de 2 enfants – un garçon de 16 ans et une fille de 11 ans - et je vis dans un appartement à Rosny sous bois, dans la banlieue parisienne.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Voilà. C’est pas d’une folle originalité tout cela, mais c’est ma vie. Et je crois en avoir fait le tour.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Cela dit, je peux rentrer dans le détail : j’ai mon BEPC, j’ai commencé à travailler à 16 ans dans l’imprimerie qui m’emploie encore aujourd’hui…&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;Oui, enfin non, merci mon cher Hercule, ça ira.&lt;br /&gt;Peux-tu nous expliquer pourquoi tu es ici avec nous ce soir,&lt;br /&gt;et ce qui a motivé ta participation à notre émission ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;- Oui. Bien sûr. Et bien d’abord, j’ai longtemps hésité à venir à votre émission.&lt;br /&gt;J’avais un peu peur d’être ridicule, de ne pas être compris, voire même d’ennuyer les gens.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Faudrait vraiment être un gros naze pour être à la fois ridicule, incompris et ennuyeux, j’en conviens. Mais c’est le genre de trucs donc je me sens assez capable.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ce n’est pas facile à vivre, mais c’est comme cela. Je n’y peux rien.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Oui, ce sentiment incontrôlable et si terriblement sincère de n’être rien ou alors rien de plus que ce que ce bref descriptif de mon existence vous a fait entrevoir.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je sais, c’est pas gai. Vous devez penser que je touche le fond. Que l’incommensurable monotonie de mon existence rebuterait même un cul de jatte millionnaire à qui on proposerait des jambes toutes neuves.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Mais vous savez, des gens qui ont une vie comparable à la mienne, il en existe des millions. La différence entre eux et moi, peut être, c’est qu’ils n’en ont jamais véritablement pris conscience.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« L’ignorance du bonheur est un bonheur » m’a dit un jour un ami philosophe d’origine peul.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Oui, un joyeux luron lui aussi, en effet.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il y a dans ce proverbe, selon moi, l’explication des maux de notre temps.&lt;br /&gt;Travailler, fonder une famille, attendre la retraite en récompense de cette vie de labeur sans illusion et puis mourir avec la certitude d’avoir fait ce qu’il fallait. J’ai pas mal raccourci, mais l’idée y est.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La plupart des gens ont longtemps vécu dans cette ignorance d’un bonheur possible. C’est ce qui les sauvait. En tout cas c’est ce qui leur permettait de croire qu’ils étaient heureux en ayant une existence pourrie sans savoir qu’elle l’était.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est bien moins vrai aujourd’hui.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les gens n’ignorent plus ce que peut être le bonheur.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;En racontant l’opulence, en montrant le faste de certaines existences, en détaillant les parcours palpitants d’aventuriers modernes, en chiffrant les monumentales disparités de revenus d’une minorité de leurs concitoyens, les médias leur ont ouvert les yeux et les gens ont pris peu à peu conscience de ce qu’aurait pu être leur vie. De ce qu’elle pourrait être pour les plus jeunes. C’est pour ça qu’ils râlent. Qu’ils se plaignent. Qu’ils critiquent. Q’ils réclament. Qu’ils manifestent…&lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;(silence prolongé et mine déconfite de l’assistance)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;- Pardon.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Oui, vous me demandiez pourquoi j’étais là ce soir. Et je me suis égaré sur une piètre analyse sociologique des comportements de nos contemporains.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’avais commencé par vous dire que j’étais étonné d’être ici, que je ne pensais pas avoir les caractéristiques du candidat idéal et que tout cela n’était pas très gai.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;N’attachez pas trop d’importance à cette entrée en matière.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je suis au comble du bonheur. Si, si. Je suis profondément heureux d’être avec vous, ici.&lt;br /&gt;Et parfaitement conscient de l’être.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Mais je pourrais résumer ma situation en disant qu’il me faut faire coïncider d’un côté l’idée que je me fais d’un bonheur souhaité avec, de l’autre, le sentiment trouble d’être dépourvu assez largement des qualités requises pour y accéder.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Autrement dit, j’ai parfaitement identifié ce qui pourrait me rendre heureux, mais j’ai aussi de sérieux doutes quant à mes chances d’y parvenir.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je dois abandonner l’idée que je suis vide, creux et inutile. C’est pas triste. C’est juste moi.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est la première fois de toute ma vie que l’on s’intéresse vraiment à moi, que l’on m’interroge sur mes envies, mes désirs, mes hésitations. Et c’est vraiment la toute première fois que j’en parle. Alors vous imaginez ma joie ce soir ? Pouvoir enfin déballer 40 années de frustrations, de questionnements métaphysiques, d’angoisses refoulées devant des millions de gens.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est d’une folle joyeuseté et cela me fait un bien fou, vous ne pouvez pas savoir.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Toute proportion gardée, c’est un peu comme soigner une constipation de plusieurs jours, en libérant d’un pet toutes les déceptions fécales emmagasinées. Merde, c’est hilarant ça, non ?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bon, donc j’évoquais ce sentiment terriblement joyeux d’être un médiocre. Mais un médiocre qui s’interroge. Qui doute de sa médiocrité en définitive.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est un sentiment factuel qui l’air de rien me pousse à avancer. Parce que je me dis qu’il n’est pas immuable. C’est donc dans ces moments-là d’intenses et jubilatoires hésitations, quand je me demande si je suis autant minable qu’il m’arrive de le croire, que je suis le plus heureux. &lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je me dis : réévalue les enjeux, redéfinis les priorités. À la baisse. Car l’idée que je me fais de moi-même est, la plupart du temps, inversement proportionnelle aux objectifs d’exigence et de perfection que je m’évertue à atteindre.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Et pour des raisons dont j’ignore l’origine, je suppose que l’écriture sera la panacée.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ecrire, c’est ma raison d’être. Et la reconnaissance, même partielle, de ce talent d’écrivain me comblerait d’une joie totale, absolue.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Une sorte de thérapie télévisuelle en somme, qui se poursuivrait, en tout cas je le souhaite, par une thérapie rédactionnelle. Si j’étais choisi pour une publication.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;D’où ma décision de postuler à votre émission. J’imagine qu’à compter du jour où ce que j’écris, faute d’être compris, sera digne d’être lu, j’aurais réussi. Je serais parvenu à croire en moi.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est pourquoi, encore une fois, je suis vraiment content que vous m’ayez choisi pour participer. C’est une première étape importante. J’espère maintenant que les téléspectateurs voteront pour moi afin que le livre dont je leur ferai découvrir un extrait tout à l’heure, puisse être publié.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Voilà.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Voui, voui Hercule. D’accord.&lt;br /&gt;Mais alors tu n’as plus de raisons de douter si je te comprends bien.&lt;br /&gt;Tu es enfin parvenu à tes fins, puisque tu es là, puisque tu as été sélectionné…&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Et bien, pas encore tout à fait ; tant que mon livre ne sera pas publié, en attendant l’éternelle sérénité que m’apportera cet éphémère moment de gloire rédactionnelle, je continue à douter.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bien qu’il avance bien, ce bouquin reste encore un projet. En dépit de l’estime que vous et votre équipe m’avez témoigné, il me reste à convaincre vos téléspectateurs. Mon roman, ce sont eux qui vont l’acheter.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Alors je doute encore.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;De mon talent, de l’intérêt de ce que j’écris, de moi-même en somme.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’hésite.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;À poursuivre sur le chemin de l’écriture.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je remets en question.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jusqu’au bien fondé de ma venue ici en tant que solution métaphysique.&lt;br /&gt;C’est assez épuisant ces phases récurrentes de doutes, vous en conviendrez.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je l’ai pourtant appris récemment : tout le monde doute.&lt;br /&gt;Je l’ignorais. Personne ne m’a rien dit.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je croyais que le principal talent des Hommes, dans leur grande majorité, résidait dans cette capacité qu’ils ont de s’oublier, d’avancer sans jamais se poser de questions. De ne jamais douter d’eux-mêmes, de leur vie, de leurs actes, de ne rien regretter.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Pour résumer, c’est marche ou rêve, pourrais-je dire. Agir ou réfléchir, jamais les deux à la fois.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’ai été doublement naïf.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’ai d’abord cru que mes angoisses étaient suffisamment singulières pour mériter d’être contées.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’ai imaginé ensuite que les êtres humains pouvaient, sinon s’intéresser, au moins se révéler capables d’entendre les questionnements existentiels de leurs congénères. C’était leur accorder une capacité d’empathie qu’ils n’ont évidemment pas.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Alors je comprends mieux maintenant pourquoi certains m’ont dit que mes doutes n’intéressaient pas grand monde. Libre de parler. Condamné à n’être pas écouté. C’est la règle quand on parle de soi à la première personne.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je devais choisir : mentir pour être crédible ou imposer une vérité dont on se bat les coquillettes, voilà l’alternative qui m’était offerte.&lt;br /&gt;Car quand j’ai voulu écrire sur mes doutes, on m’a dit : « oublie-toi un peu ».&lt;br /&gt;On m’a dit : « raconte-nous plutôt une belle histoire, avec plein de filles avec de gros nichons ». On m’a dit : « tu nous les brises avec tes doutes pauvre tâche ; ou alors si tu dois en parler, mets-y du sang, dégueule-les tes doutes à la con, rentre au plus profond de l’intimité de ton personnage ».&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;On m’a dit tout cela. J’ai donc à nouveau douté.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;On ne pourra pas me reprocher une certaine cohérence.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Prendrais-je le risque de gaver le monde de déclarations intimistes ? Oserais-je opter pour l’indigestion de mes concitoyens et passer à côté d’une publication ?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;En dépit de l’intérêt que pouvait présenter le descriptif de jolies filles &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Russ Meyeriennes&lt;/span&gt;, j’avais d’abord choisi de ne pas suivre les conseils avisés qui m’avaient été donnés. J’avais choisi de vous adresser un texte qui parle de moi à la première personne, sans me travestir, sans prendre les traits d’un protagoniste fictif. Je persistais à vouloir me débarrasser d’un demi-siècle de pudeur contenue, à partager cette intime confession avec ceux qui seraient assez forts pour l’entendre. Et je pariais sur l’indulgence de millions de dubitatifs anonymes que j’encourageais à se libérer aussi. Dans un siècle qui prône l’autosatisfaction, le narcissisme, l’égotisme, la vanité, je souhaitais faire l’apologie du scepticisme. J’assumais et même je revendiquais mon statut d’angoissé indécis.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Tout en restant parfaitement lucide : si elles avaient émané d’un Nicolas Sarkozy, ces intimes confidences eurent l’ampleur d’un véritable événement médiatique. Moi, Hercule Freluquet, je risquais très certainement l’effet inverse. Au mieux un rejet franc et massif, au pire une totale indifférence.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Au moins ne suis-je pas Nicolas Sarkozy.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Finalement, je n’ai pas osé.&lt;br /&gt;Afin qu’ils soient entendus, j’ai préféré laisser à un autre le soin de dégueuler mes errements.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Avant de vous l’adresser, j’ai donc remanié le premier texte afin d’en faire une fiction. Endossés par un personnage, autobiographiques ou pas, les doutes prennent une saveur romanesque et créent une distance qui permet au lecteur de s’identifier. N’étant personne, ni à personne, un personnage peut appartenir à tout le monde. Chacun peut se l’approprier. Moi j’existe. Je m’appartiens totalement. Je suis un et indivisible. Non sécable. J’ai un nom, une vie, un visage, un corps, une personnalité propre. Même si ma réalité se confond avec celle de millions d’autres êtres humains. Mon existence n’a rien d’exceptionnel. Comment eut-elle pu faire rêver ?&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Elle emmenait le lecteur dans un quotidien duquel il espérait s’extraire en me lisant. Mon humanité ennuie, autant qu’elle dérange peut-être. Je sais tout cela. Je l’ai compris et admis.&lt;/span&gt; &lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Alors, voilà. En définitive, les pages que vous avez reçues ne versent que très peu dans le déballage intimiste. Je suis resté soft.&lt;/span&gt; (...)&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;blockquote&gt;Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-5346701845081006231?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/5346701845081006231/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=5346701845081006231&amp;isPopup=true' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/5346701845081006231'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/5346701845081006231'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/07/les-20-premires-pages-decrivain-academy.html' title='Les premières pages d&apos;Ecrivain Academy...'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-2752569226934900340</id><published>2008-08-19T05:41:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T06:06:48.884-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;interview de Tristan'/><title type='text'>L'interview de Tristan</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;(...) &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Oui, bon et bien accueillons maintenant… Ha, non, une seconde… On me dit en régie qu’à cause d’Hercule nous avons loupé la petite pause publicitaire. Désolé Tristan, il va te falloir patienter encore un peu. On se retrouve dans une demi-heure, après une courte page de publicité. Et nous écouterons le second candidat : Tristan Folichon.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;(1/2 heure plus tard)&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Bon ben c’est pas trop tôt. Bonjour Kaikos. Bonjour à tous les gens qui nous regardent. Qui ME regardent. (sourire Ultra Brite)&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Et bien je m’appelle Folichon. Tristan Folichon.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;J’ai 33 ans, je suis célibataire (clin d’œil entendu) et je vis dans le centre de Paris.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Avant d’écrire j’étais mannequin. Pas pour la haute couture, je n’ai jamais voulu. Je trouve qu’il est important de s’engager quoi que l’on fasse dans la vie et la haute couture privilégie tout de même beaucoup les gens aisés, et elle donne une image trop élitiste du corps, parfois très décalée des préoccupations de nos contemporains.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Moi j’ai souhaité que mon corps serve à ce que les gars comme Hercule par exemple puisse quand même se plaire. C’est pas gagné, je vous le concède.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;(Kaikos et lui, complices, se regardent en s’esclaffant).&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pardonne-moi Hercule. Je te taquine, mais sans méchanceté aucune.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Donc j’ai surtout travaillé avec des stylistes comme Germain Ledrulle, Yves Leglavio, Steevie Prout… Des types qui avaient la même philosophie que moi et qui vendaient leurs collections à des grandes maisons comme La Redoute, Les 3 Suisse, Camif, etc.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Voilà.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Sinon, que vous dire d’autre ?&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Mes auteurs préférés peut-être ? Et bien, ma muse c’est Marc Levy, pour sa formidable capacité à imaginer de belles histoires qui font vibrer du début à la fin. Mais j’ai aussi un gros faible pour Amélie Nothomb qui a vrai talent pour les intrigues. On ne sait jamais où elle va nous emmener et je trouve ça vraiment formidable. Voilà.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;J’ai quant à moi, paraît-il, un vrai talent pour l’écriture.&lt;br /&gt;Mais les gens exagèrent toujours un peu.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Très peu en fait.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;En tout cas, c’est ce qui m’a poussé à participer à votre émission. Les gens m’ont dit, « si toi tu ne participes pas, qui le fera ? ». C’est gentil, non ? C’est surtout pas faux. Sans présumer de ce que les autres pourront produire, je pense avoir rédigé un petit bijou de littérature moderne et palpitant.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51); font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;Bieeeennnnn. Super, Tristan. J’aime beaucoup ton jean. Et bien et bien, nous avons hâte d’en savoir plus. Alors, Tristan, parle-nous un peu plus de toi. Par exemple, on a écouté Hercule tout à l’heure qui nous disait qu’il doutait beaucoup ; es-tu toi aussi un douteur ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;- En fait non, pas vraiment. Bon je trouve ça très bien qu’il existe des douteurs. Je suppose que ça doit servir à quelque chose. Je sais pas bien à quoi, mais je suis pour la disparité, alors des mecs qui doutent, qui angoissent sur leur soi-disant talent d’écrivain, il en faut certainement. Me concernant, autrement dit si je devais parler de moi et me prononcer pour donner mon avis, je dirai non.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Oui Tristan. Non quoi ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Ben non, moi je ne doute pas tant que ça.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Évidemment quand j’essaie une chemise dans un magasin par exemple, il peut m’arriver d’hésiter entre deux modèles, mais sincèrement c’est à peu près le seul type de situation où je peux douter.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Mais pour le reste, le doute, je l’évite.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;C’est un choix que j’ai fait quand j’étais ado.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;J’avais lu le bouquin d’un auteur italien – un mec avec un nom de voiture de course : Bugatti ou un truc dans le genre – Buzzati c’est ça, merci Hercule. Le bouquin s’appelait Le désert des tartares.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Déjà avec un titre pareil je sais pas comment j’ai pu avoir envie de le lire. Au début j’ai cru que c’était un bouquin sur la fabrication de ce fromage à l’ail et aux fines herbes, vous voyez ? Bref. Le sujet mortel. &lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;D’ailleurs le mec, le personnage, à la fin, justement il meurt. Toute sa putain de vie de soldat, il l’a passé à attendre un soi-disant ennemi, à la frontière de je ne sais plus quel pays, proche d’un désert sans doute, et le jour où il peut avoir sa petite guéguerre, il clam’s.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Vraiment con le gars. En tout cas, j’en ai conclu qu’il était parfaitement débile de rêver sa vie.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Que c’était bien mieux de vivre ses rêves. Sans se poser de questions.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Et moi mon rêve, c’était d’écrire. Oui, je sais c’est surprenant pour un ancien mannequin. On s’attend plutôt à ce que la plume, je me la mette dans le cul.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;(Il rit de bon cœur et Kaikos, ayant compris la blague, rit avec lui)&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Mais bon c’est comme ça, j’écris.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Et quand j’écris, alors là je fonce à fond.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Pas de place pour les questions métaphysico-existentielles sur mon supposé talent.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Le Tristan il avance. Il trace. D’ailleurs mes copains m’appellent TT. Comme l’Audi TT. Tristan qui Trace. C’est l’une de mes principales qualités.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Et c’est ce qui fait l’intérêt de ce que j’écris. J’écris d’un trait. D’un jet. D’ailleurs si le prix d’un livre était proportionnel à la vitesse à laquelle l’auteur l’a écrit, moi je serais millionnaire. Mais bon, c’est pas le sujet.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;D’une façon générale, je pense que pour avancer dans la vie, il ne faut pas trop se poser de questions. Surtout quand on n’a pas l’ombre d’une réponse aux questions qu’on pose. Ça, ça peut être super angoissant. Tu te demandes si t’es bon, si ce que t’écris va intéresser quelqu’un ou quelqu’une et tu sais pas. Total flippe. Ha ça non, j’aimerais pas être à la place d’Hercule. Et puis je pense qu’il est malheureux Hercule. Comment peut-il prendre du plaisir à écrire des bidules dont il pense qu’ils sont à chier ? ça doit être super dur à vivre. Pour être très franc…&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Il s’adresse à Kaikos)&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Je peux être très franc ?&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Bien entendu Tristan. Soyez très franc. Nous n’attendons que cela. De la franchise. Une franchise totale et sans tabou, libérée du joug castrateur d’une politesse hypocrite et vaine qui nous éloigne du chemin lumineux de la vérité. Foncez Tristan ? Soyez fou. Soyez vous.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;- Ha oui. Bon, alors pour être franc, je ne comprends pas bien pourquoi Hercule, il continue à écrire, alors qu’il trouve naze ce qu’il écrit. C’est quoi l’intérêt. Il est maso ? Il ferait mieux de laisser la place à des types qui croient en leurs chances.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51); font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;On va laisser Hercule répondre. Hercule ? Pourquoi continuer à écrire si tu penses emmerder tout le monde avec tes doutes à la con qui gavent tout le monde y compris toi ?&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:times new roman;" &gt; (...)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-2752569226934900340?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/2752569226934900340/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=2752569226934900340&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/2752569226934900340'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/2752569226934900340'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/08/linterview-de-tristan.html' title='L&apos;interview de Tristan'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-84452292032282372</id><published>2008-08-19T05:40:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T06:07:30.483-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='L&apos;interview de Colombe'/><title type='text'>L'interview de Colombe</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51); font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;Ah oui, génial Tristan. Merci infiniment. C’était vraiment bien. Et puis là vraiment, j’ai tout compris. Je ne dis pas ça pour toi Hercule. Mais c’est vrai que cette histoire d’amour naissante sur un terrain de tennis, c’est méga original et ça donne super envie. Mais laissons nos amis décider en votant à nouveau. Et accueillons enfin, Colombe Baroud, notre dernière candidate de ce soir. Bonsoir Colombe.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- Salut Kaikos. Colombe Baroud. 29 ans. Célibataire endurcie. C’est un statut que je revendique. La lâcheté et la mauvaise foi des hommes me gonflent prodigieusement.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Signe particulier : la franchise. Je dis ce que je pense, quoi que je pense. Ce qui m’attire plus souvent des ennuis, que des amis. Mais c’est un choix que j’assume également totalement.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je suis ici ce soir uniquement parce que des éditeurs bien-pensants ont décrété que mes textes n’étaient pas publiables. C’est un peu la vocation de toutes les machines Academy qui existent à la TV, non ? Quand vous n’avez pas suffisamment de talent ou que le courage pour progresser vous manque ou encore que vous n’avez pas envie de finir comme un pseudo artiste qui fait les réveillons dans une pizzéria de quartier, vous postulez à un Truc Academy et vous rentrer dans le moule de ce qu’on attend de vous.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Le petit monde de l’édition aussi a découvert les vertus du marketing. Nous sommes libres de penser et d’écrire, pas nécessairement d’être lus. Nous sommes prisonniers des règles du commerce des livres.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Hercule a raison quand il dit que ses doutes de psychopathe névrosé n’intéresseront les gens que s’ils émanent d’un personnage public, accessoirement d’un héros de fiction. Il en va de même pour les styles d’écriture admis.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Moi je me fous de bien écrire ou d’avoir du talent selon les critères de l’Académie Française. L’écriture est un art. L’art est l’expression libre et sublimée d’une création de l’esprit. Et je suis une artiste. Que je puisse vivre du commerce de mon art, ce n’est pas le sujet. L’enjeu c’est qu’il puisse rencontrer un public. Et à moins de publier son livre à compte d’auteur, un écrivain qui s’écarte des normes, des critères choisis par ceux qui escomptent un bénéfice financier, n’a aucune chance d’être vu, lu par le public. Fait chier. Et en plus, à part certains qui ont un vrai talent, comme Philippe Claudel,  Eric Reinhardt, Khaled Hosseini ou Yasmina Reza, il y a beaucoup d’écrivains Chamallow, genre Harlequin. Beaucoup de médiocres qui passent à travers les mailles du filet.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je hais moi aussi la médiocrité de l’humanité, dont je fais partie également soit dit en passant. Donc je me hais.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;J’exècre cette forme d’hypocrisie démagogique qui consiste à dire que chaque individu doit pouvoir vivre, voir, lire ce que son voisin peut vivre, voir et lire. J’aime la différence. Je veux de l’inégalité. Je souhaite qu’il existe des beaux et des laids, des génies et des crétins, des salauds et des saints, des trains et des avions… non, pardon, les trains et les avions je m’en tape.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Cela signifie que je n’ai rien contre les écrivains ou les musiciens médiocres, mais qu’il faut aussi donner leur chance aux autres. À tous les autres. Et à fortiori à ceux qui ont besoin qu’on encourage ou qu’on accompagne leur talent.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Parce qu’un pauvre peut devenir riche, parce qu’un idiot peut être un mec généreux, parce qu’un petit con prétentieux peut faire preuve d’humanité, parce que nous avons tous un petit quelque chose qui nous différencie de nos congénères, non seulement je tolère les différences, mais surtout je veux qu’elles puissent s’exprimer.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je m’oppose aux castes, aux groupes ou communautés d’intérêts, aux lobbies en tout genre. J’exècre ces émissions de télévision pendant lesquelles le public s’improvise jury populaire de moutons, censurant, sifflant la moindre remarque ou réflexion d’un invité qui n’iraient pas dans le sens de ce que pense la majorité ou de se que recommande la morale ou les convenances. Tirons la chasse sur la démocratisation de la médiocrité. Aux chiottes le clonage de la connerie humaine. Merde à l’apologie de la pensée unique, qui ne sert que ceux qui l’imposent.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Pourtant, pour avoir la possibilité d’être lue, je me suis fourvoyée ; je vous ai envoyé un texte qui n’a vraiment rien à voir avec ce que j’écris d’habitude. Un texte consensuel. Assez sage. Presque conformiste. Pour avoir le droit de parler, ici et maintenant. Et vous l’avez retenu mon texte. Ce que vous ne savez pas en revanche, c’est que je vous ai aussi adressé un recueil de poèmes, sous un autre nom. Des poésies bien trash, très noires, lugubres même, comme je souhaite les écrire. Mais là, pas même une réponse. C’est pour cela que j’ai fait comme il faut faire. Que j’ai travesti ma différence pour ne pas vous laisser indifférent. Pour être entendue.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Si les gens aiment le truc que je vous lirais tout à l’heure, et qu’ils votent pour moi, je pourrais enfin publier la prose que j’aime.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Et bien je trouve ça triste. Être obligé de faire semblant, de tricher, pour être toléré par ceux qui diffusent, et prétendent savoir ce que les gens aiment et attendent. Et se montrer ensuite, tel que l’on est, une fois que les gens vous ont découverts et acceptés. Exploiter ce crédit d’amour acquis malhonnêtement, pour acheter le droit d’exister honnêtement comme artiste. En cela, je suis d’accord avec Hercule.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Voilà. J’ai fini.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Bon. Merci Colombe. C’était un grand moment de télévision que tu nous as offert. Ta sincérité nous a tous émus, j’en suis certain. Merci à toi. Alors tu le sais, c’est la règle dans ECRIVAIN ACADEMY, avant de nous présenter ton texte, tu as été tirée au sort pour nous parler d’un sujet que le public sur le plateau a choisi juste avant le début de l’émission. Le thème retenu ce soir : télé-réalité, stop ou encore ? C’est à toi Colombe.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;- Télé-réalité, stop ou encore ? Putain passionnant comme thème. Et c’est à moi que vous demandez de parler de ça ? Bon. D’accord. Vous l’aurez voulu. Mais je vous rappelle que nous sommes en direct là. Vous ne pourrez pas couper au montage.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;C’est pas facile. Je n’ai jamais fait de thèse sur le sujet. Je vous livre mon sentiment un peu en vrac, d’accord ?&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;A priori, déjà, comme ça, sans avoir beaucoup besoin d’y réfléchir, je vous dirais « STOP ». Trois fois Stop. Déjà le simple fait de parler d’un sujet pareil, pour moi, c’est s’arrêter de penser. Donc STOP me paraît la réponse assez naturellement la plus appropriée.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Bon, ensuite, d’office, si vous me dites télé-réalité, c’est Loft Story qui me vient à l’esprit.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Là je dois dire que ces cons-là, ils ont quand même réussi à nous fourguer le vide absolu. Le paroxysme du non sens. Ils sont parvenus à matérialiser le néant. Ça n’a pas dû être facile, hein ? Mais bon, eux ils ont réussi. Quand il y a de l’oseille en jeu, les mecs sont capables de tout. Même de nous faire prendre une poupée gonflable pour une star. Faut quand même leur reconnaître ça. Ils nous ont fourgué une grosse bouse en nous disant que c’était du caviar.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Moi déjà, je n’ai jamais compris qu’une Loana puisse être érigée en célébrité, gagner des millions, être éditée, parce que restée cloîtrée quelques semaines avec d’autres abrutis dans un espace clos pour bouffer, chier, baiser, raconter des conneries et recommencer le lendemain. Remarquez, c’est un peu notre vie à tous ça. Mais justement. C’était quoi l’intérêt ? Quand c’est arrivé, je me suis posée la question : comment certains ont-ils pu suivre l’existence insipide de ces jeunes gens ? Je me suis vraiment demandée.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;L’explication est à mon avis aussi simple que la question : nous n’y avons pas cru. Nous avons douté. Ca va plaire à Hercule ! Nous ne pouvions pas imaginer qu’une telle aberration puisse un jour arriver sur nos petits écrans. On s’est tous dit : okay, elle est cachée ou la caméra ? C’est pour Surprise Surprise ?&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;La vérification s’imposait. Les mires de mon enfance, ou mieux, les caméras de surveillance de parkings eurent d’avantage d’intérêt que cette affligeante cour des miracles.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Le plus drôle, c’est que ce gros caca audiovisuel ait pu être décliné avec Secret Story par TF1, longtemps pourfendeur du Loft de M6.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Sacrée diarrhée chez TF1.&lt;/span&gt; &lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Seul avantage du Loft les rares fois où j’ai regardé ? Vous ne perdez jamais le fil de l’histoire. Il n’y a pas d’histoire. J’ai pu zapper, faire la cuisine, jouer au cartes sans avoir besoin de consulter les programmes TV, Loanna n’ayant pas bougé un doigt de pied de la piscine. (...)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-84452292032282372?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/84452292032282372/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=84452292032282372&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/84452292032282372'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/84452292032282372'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/08/linterview-de-colombe.html' title='L&apos;interview de Colombe'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-4175473594569594997</id><published>2008-07-13T09:20:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T05:59:49.649-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le roman de Colombe'/><title type='text'>Le roman de Colombe Baroud</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Paris. Gare Montparnasse. 12h00.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;- Bonjour. Je crois que je suis dans ce carré. Place 72. Oui, au fond près de la fenêtre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;Aïe. Pardon madame, vous venez de déposer votre valise sur mon pied.&lt;br /&gt;Non, je vous promets que n’ai pas fait exprès de l’y placer.&lt;br /&gt;Oui. Mon pied. Il était déjà là quand votre valise a décidé d’atterrir sur lui.&lt;br /&gt;Merci. Oui ça y est, elle a redécollé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;Monsieur, votre écharpe occupe toute la largeur de l’emplacement pour les bagages.&lt;br /&gt;Cela ne vous ennuie pas si je la déplace ? Si ? Je la déplace quand même.&lt;br /&gt;Elle ne m’en voudra certainement pas. Oui, votre écharpe. Elle n’y verra pas d’inconvénient ? Elle ne va pas s’enrouler autour de mon cou et se mettre à serrer ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jules est enfin installé. Il découvre discrètement ses voisins. Face à lui, une femme.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Enfin le croit-il. À deux heures, un jeune homme qui dort déjà, les bras repliés sur son ventre et la visière de sa casquette masquant ses yeux, tel un cowboy épuisé.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Et à sa droite, un homme d’âge mûr, en costume. L’homme a l’écharpe qui s’étale.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La femme est forte. On ne dit pas grosse. C’est pas poli.&lt;br /&gt;Bon, mais alors vraiment très forte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Tellement forte, que sa poitrine proéminente lui sert de reposoir pour son magazine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La tablette est relevée, pourtant son ventre frôle le rebord. Ses bras sont deux fois plus épais que ses cuisses à lui. Épais de graisse, pas de muscle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Si bien que lorsque que l’un de ces bras se lève, toute cette graisse pendouille, comme le va et vient cadencé d’un métronome.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est dans ces cas-là qu’on mesure le pouvoir de la gravitation. Quand la graisse d’un bras peut faire ce genre de trucs.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle respire fort cette dame. À chacune de ses inspirations, le magazine monte, puis redescend quand elle expire. Mais attention. Pas une petite montée de rien du tout. Ha non. Une montée telle, que pour lire, ses yeux doivent suivre l’ascension du magazine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;L’ensemble est parfaitement coordonné.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La poitrine se gonfle. Le magazine suit le mouvement et monte avec elle. Et les yeux accompagnent le déplacement vertical du magazine. Puis rebelote en sens inverse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Cela ne doit pas être facile. Souhaitons qu’elle n’ait pas la nausée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La dame dégage aussi une odeur âcre à force de transpirer. Oui, en plus elle transpire.&lt;br /&gt;La nausée sera plutôt pour lui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Jules pense à l’intérieur de ses cuisses. Ses cuisses à elle. Il n’y pense pas volontairement.&lt;br /&gt;Il existe des pensées plus plaisantes que les cuisses grasses et humides de cette dame. Certaines pensées s’imposent à vous sans vous consulter. Pour celle-ci non plus il n’a pas eu d’avis à donner. La pensée de ces deux gros jambons moites a sans doute cheminé quelque temps dans son cerveau avant de parvenir jusqu’à sa conscience.&lt;br /&gt;Il y a bien eu quelques tentatives de barrage dans la zone de l’hypothalamus – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« non, non, là, vraiment, désolé, on peut pas vous laisser passer ; ça craint trop ; le client va pas aimer »&lt;/span&gt; - mais les yeux de Jules en avaient déjà trop vus pour censurer l’analogie visuelle qu’il s’apprêtait à faire bien malgré lui.&lt;br /&gt;Alors, la pensée a franchi toutes les portes. Elle est arrivée très exactement au moment où l’un des bras de la dame s’est levé pour allumer la petite lumière au-dessus de sa tête. Révélant par la même occasion dans l’éclat ocre et doux du faisceau lumineux, à peine dissimulée sous la manche, une touffe de poils noirs et luisants comme s’ils avaient été gominés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Comment la pensée de l’entre jambe de la dame eut-elle pu ne pas naître et s’imposer à lui ? Comme cette dame impose ses rondeurs au carré du compartiment.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ses formes occupent véritablement tout l’espace.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Y compris, donc, celui de son cerveau à lui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Difficile de lui donner un âge à cette dame. 30, 40, 50 ans peut-être.&lt;br /&gt;Il le sait bien Jules que ça manque de précision.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Elle pourrait parfaitement être née il y a 30 ans et avoir pris 20 ans en grossissant.&lt;br /&gt;À raison de 2 à 3 kilos au moins par an, c’est possible.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Malgré ce qu’en pense Jules, la dame semble soucieuse de son apparence.&lt;br /&gt;Lui ne voit pas bien à quoi cela peut servir. Elle a certainement un avis contraire ; la corpulence n’est pas incompatible avec la recherche d’une certaine élégance.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jules estime qu’elle n’a pas dû chercher assez.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ses cheveux sont courts et noirs. Elle est très bien coiffée. De petites boucles tombent délicatement sur son front massif et rose et l’on devine la mise en plis récente.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Elle porte un chemisier sans manche et à fleurs. Avec quantité de fleurs de toutes les couleurs.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est beau les fleurs. De préférence dans un jardin ou dans un champs.&lt;br /&gt;Éventuellement sur un dessus de lit ou sur des rideaux pense Jules. Mais là, franchement. Jules se dit qu’elle a fait son chemisier avec les chutes du tissu ayant servi pour le rideau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;La dame arbore aussi une alliance à son doigt.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Ben oui une alliance. Elle est donc mariée se dit Jules.&lt;br /&gt;Il tente d’imaginer l’aspect de son époux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il y renonce finalement. Son cerveau ne dispose pas de suffisamment de place pour les loger tous les deux.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;La dame lit Closer. En regardant la couverture, il aperçoit N. Sarkosy et C. Bruni qui montent et qui descendent. Aucune allusion particulière à sa côte de popularité à lui.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La dame relève la tête et regarde Jules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pardon. Oui, je regardais la couverture de votre magazine&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Elle propose de le lui prêter dès qu’elle aura terminé. Jules accepte bien qu’il n’en ait pas du tout envie. Il arrive parfois que l’on accepte les propositions polies de certaines personnes, simplement parce qu’elles sont gentiment proposées. C’est stupide. Mais c’est une forme de renvoi de politesse. Une façon d’entrer en contact.&lt;br /&gt;Une manière de dire « oui, parlons-nous, échangeons nos points de vue sur la marche du monde, etc. ».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jules repense aux cuisses de la dame. Il se dit que c’est parce qu’il a accepté le magazine.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Avec Closer sous les yeux, il craint que cette pensée ne s’éternise. En définitive, il voulait dormir un peu Jules. Maintenant, cela paraît difficile. Ce serait impoli vis-à-vis de la dame.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Elle avait une voix grave cette dame. Aussi grave qu’un chanteur de Blues. Sans doute fume-t-elle pour avoir une voix aussi cassée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Qui a dit que la cigarette faisait maigrir ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Voyant Jules, le regard dans le vide fixé sur la photo de Nicolas, avec un bloc et un stylo-bille en face de lui, la dame lui propose son magazine de mots croisés. Il n’en a jamais fait de mots-croisés Jules. Un acte de réflexion gratuit. Dépourvu de sens. Qui ne rend pas plus intelligent. Jusqu’à cet instant, il pensait malgré tout que seuls les érudits, les personnes dotées d’un certain niveau d’éducation se prêtaient au jeu.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;En voyant la dame, il s’étonne maintenant que les personnes qui se livrent à cet exercice puissent en même temps lire – pardon – regarder Closer, ou autres imagiers people du même genre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Un incommensurable besoin de repos de l’esprit sans doute. Après Closer, les mots croisés.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Après : Céline Dion : Enfin au soleil avec René.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La vérité sur le podium, en 7 lettres.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Heu… Truimse ? Non, truisme.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Cela l’a toujours épaté Jules, ce paradoxe de l’humanité. Cette capacité qu’ont certains individus de pouvoir à la fois s’extasier avec la jubilation d’un astronome venant de découvrir une nouvelle étoile, sur la photo floue d’une star mollement avachie sur une serviette de bain en plein soleil et en même temps de vouloir absolument activer leurs neurones pour trouver les mots proposés par d’improbables définitions. L’esprit du jeu avant les jeux de l’esprit sans doute.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il finit par se dire que décidément les apparences sont trompeuses. Que cette grosse dame assise devant lui, cette grosse dame sans intérêt à priori, a peut être davantage à dire et à lui apprendre que ce que son apparence laisse supposer. Probablement énormément à lui apprendre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Toujours est-il que la dame est gentille de lui avoir proposée ses mots croisés. Elle a dû penser qu’il s’ennuyait. Il se dit que c’est encore une attention délicate. Bien plus délicate que son apparence à elle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;- &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Non, merci Madame. J’étais en train d’écrire. À qui ? Heu, un peu à tout le monde en fait. À vous aussi d’ailleurs, pourquoi pas ? Et même un peu à moi. Mais surtout, j’écris pour tout le monde&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Il y eut un long silence.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;La partie inférieure de la mâchoire de la dame se figea dans une expression de toon.&lt;br /&gt;Ses deux mains reposaient l’une sur l’autre, prêtes à actionner un buzzer virtuel comme dans Questions pour un champion. « Je suis un fou qui raconte des trucs bizarres à une dame qui ne comprend pas ce que je lui dit – qui suis-je ? ».&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Jules expliqua qu’il était écrivain.&lt;br /&gt;La dame fut rassurée.&lt;br /&gt;Le monde reprenait son cours normal. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;... Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-size:100%;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-4175473594569594997?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/4175473594569594997/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=4175473594569594997&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/4175473594569594997'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/4175473594569594997'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/07/lextrait-de-colombe-baroud.html' title='Le roman de Colombe Baroud'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-6328140183516743488</id><published>2008-07-13T09:19:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T06:00:04.996-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le roman de Tristan'/><title type='text'>Le roman de Tristan Folichon</title><content type='html'>&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Synergie, la radio fun, va maintenant vous passer un record de Michael Klaxon, le roi des&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ... &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;François éteignit le radio-réveil et repoussa la couette de ses pieds. Il s'assit péniblement sur le bord du lit, posa une main sur le matelas, puis l'autre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Avec la détermination d'un homme qui s'apprête à battre un record du monde de saut en hauteur, il se hissa sur ses 2 jambes, la tête en avant, en poussant un grognement qui en disait long sur l'effort qu'il venait de fournir. Il se dirigea ensuite vers la cuisine, où il trouva l'ensemble des accessoires destinés à préparer le petit déjeuner. Il versa 25 cuillères à soupe de café dans la passoire, répéta l'opération avec le thé de Chine, qu'il mit dans un filtre, et fit bouillir de l'eau dans le four électrique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Il s'en retourna ensuite vers la chambre et se recoucha avec la même ardeur qu'il avait déployée pour se lever.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Cora, mon poussin, j'ai préparé le p'tit déj&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; grogna-t-il avant de se rendormir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Les yeux de Cora s'entrouvrirent. Elle demeura quelques instants dans la même position, de côté, les jambes repliées sur sa poitrine et les mains enfouies sous l'oreiller, en essayant de se replonger dans son rêve.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Elle se sentait bien et elle aurait voulu qu'il continuât, mais plus elle essayait de se le rappeler, plus il lui semblait que les images s'évanouissaient.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Elle s'étira longuement, tout en soupirant de plaisir, puis se leva.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;En découvrant la curieuse préparation de François, elle se retourna vers lui et sourit en le voyant dormir comme un bébé. Elle remit le thé dans la passoire, le café dans le filtre, et alluma le réchaud avant d'y placer la casserole d'eau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Il était 10 heures quand ils eurent presque fini leur petit déjeuner.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Tu commences tes cours de tennis aujourd'hui ? &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;demanda François.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;hum, hum&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; répondît Cora en reposant sa tasse de thé. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; J'espère que mon prof sera sympa&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je te souhaite plutôt qu'il soit patient. Je crois avoir compris que je ne pourrais jamais être professeur, le jour où j'ai joué avec toi pour la première fois&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;. Ajouta-t-il en trempant son croissant dans son café.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Ce qui est génial avec toi mon petit chéri, c'est de se sentir autant encourager. Bon il faut que j'y aille. Bisou mon canard&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;. Elle l'embrassa sur le front tandis qu'il se penchait au-dessus de sa tasse pour dévorer son croisant dégoulinant de café.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Cora arriva à Issy-les-Moulineaux, dans le club où elle s'était inscrite une semaine plus tôt. Elle se dirigea vers la réception, où on lui indiqua les vestiaires, le numéro du court et le nom de son professeur : Calvin Malaurie. Cora pénétra sur le court synthétique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;En l'apercevant, Calvin reposa sa bouteille d'eau et se dirigea vers elle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je présume que vous êtes Cora&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ? soupira-t-il avec un soupçon de lassitude qui en disait long sur le plaisir qu'il prenait à dispenser ses cours.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Tout à fait&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;, répondît-elle d'un ton sec.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Vous permettez que je vous appelle par votre prénom&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ? ajouta-t-il en réajustant son col de chemise.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;C'est déjà fait&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- C'est juste, excusez-moi. Il la regarda quelques secondes.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Vous devez me trouver quelque peu désagréable. Je vous avoue que je passe mes journées à envoyer des balles à des hommes et à des femmes qui ne prêtent aucune attention aux conseils que je leur donne, malgré le ridicule avec lequel ils s'évertuent à jouer. C'est à vous dégoûter du tennis. Mais vous n'y êtes pour rien. Vous savez renvoyer la balle ou bien vous êtes complètement débutante&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Disons que j'arrive à toucher la balle, mais sans vraiment savoir où elle va rebondir&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;, souria-t-elle, un peu plus détendue.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Okay. Et bien commençons&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;, dit-il en se dirigeant vers le milieu du court.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Cora sortit sa raquette de son étui et se plaça sur la ligne de service.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Vous êtes prête &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;? cria Calvin en position pour lancer la balle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Légèrement courbée, la main droite au centre du manche, la gauche à la base du tamis, Cora paraissait s'attendre à tout, excepté à recevoir une balle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Prête&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ! cria-t-elle à son tour. La petite balle jaune partit lentement sur le côté, fit un rebond, et alors qu'elle esquissait sa descente, remonta violemment vers le haut, pour aller se cogner à un projecteur. Cora recula en trottinant vers la ligne de fond de court et repris sa position initiale.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Je comprends mieux ce que vous entendiez par &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;... « sans vraiment savoir où elle va rebondir ». Cora ne répondit pas tout de suite, puis :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Cela vous ennuierait-il si je servais à votre place&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ? Calvin sourit.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Pas de problème&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt; ! Il envoya une première balle à Cora, qu'elle bloqua entre sa main et le tamis. Elle se mit ensuite de profil, sa main gauche tenant la balle, la balle coincée contre la raquette, la raquette pointée vers le grillage entourant le court. Elle fixa un moment du regard le dispositif qu'elle venait de mettre en place, puis le déclencha. La main et la raquette s'écartèrent de la balle; celle-ci tomba sur le sol, remonta, fit mine de retomber, puis, dans un mouvement rotatif très perfectionné, Cora et la raquette accompagnèrent la balle qui partît vers Calvin.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;L'opération se répéta pendant près d'une heure. Calvin retournait les services de Cora avec élégance et facilité. Cora gambadait, sautillait, récupérant les balles comme certains attrapent des papillons.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Okay. Ca ira pour aujourd'hui&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;, s'écria Calvin. Ils se rejoignirent au centre du court.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Ça n'était pas terrible, je crois&lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;, reconnue Cora un peu essoufflée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;- &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; color: rgb(51, 51, 51);font-family:trebuchet ms;" &gt;Au sens propre du terme, il m'a semblé au contraire que ça l'était. Mais ne vous découragez pas. Vous avez un sacré tonus et vous paraissez malgré tout prendre plaisir à jouer. C'est déjà beaucoup. À la semaine prochaine.&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;blockquote&gt;... Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/blockquote&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-6328140183516743488?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/6328140183516743488/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=6328140183516743488&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/6328140183516743488'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/6328140183516743488'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/07/lextrait-de-tristan-folichon.html' title='Le roman de Tristan Folichon'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5084829909022564654.post-9051494984652222562</id><published>2008-07-13T09:17:00.000-07:00</published><updated>2008-08-19T06:00:18.225-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le roman d&apos;Hercule'/><title type='text'>Le roman d'Hercule Freluquet</title><content type='html'>&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);font-size:100%;" &gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;blockquote&gt;...&lt;/blockquote&gt; Me voyant allongé, étirant mes bras vers le plafond en grognant, en signe d’intenses douleurs dorsales, Rosa propose de masser mes épaules.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’ai d’abord une sorte d’appréhension sourde. Les souvenirs d’un récent massage islandais me reviennent en mémoire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« Masser : pétrir différentes parties du corps »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Il y a environ un mois, une dame a pétri les différentes parties de mon corps, avec l’application d’un boulanger qui prépare son pain. J’ai été massé au SPA de l’hôtel Hilton-Nordica de Reykjavik. C’était le cadeau d’anniversaire d’Edda et Robert.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;En arrivant, un peignoir et une serviette m’ont été remis. Je devais prendre une douche et me laver avant d’être relaxé. N’ayant aucune expérience significative des us et coutumes du massage islandais, ni d’ailleurs du massage en général, je me suis douché avec mon maillot de bain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Si bien qu’en arrivant dans la petite pièce où se trouvait la table de torture, dissimulée sous l’apparence d’un lit confortable avec draps et couverture, j’étais encore fortement humide.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Un détail.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;J’avais exigé d’être manipulé par une femme. Moins pour l’expectative de massages Houellebecquiens (« Plateforme » - Ed. J’ai Lu), que pour la supériorité supposée de la femme sur l’homme en matière de douceur et de sensualité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je souhaitais pouvoir imaginer que cette séance pendant laquelle une femme allait faire voyager ses mains sur mon corps serait le prélude à une expédition tout autant érotique que virtuelle. Je désirais que le plaisir d’être relaxé s’accompagne de l’idée vaine d’être autrement soulagé. En gros, je voulais pouvoir m’abandonner totalement, les yeux fermés, mais l’imagination grande ouverte, aux mains prétendument expertes de cette dame.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Après 30 longues minutes, au cours desquelles j’ai découvert que mes mollets, mes reins, ma nuque, mes bras, et même mes oreilles, pouvaient être beaucoup plus sensibles que je ne l’imaginais, je me suis abandonné finalement à l’idée que le massage pouvait aussi s’avérer contractant. Ce qui ne correspondait pas exactement à l’idée que je m’en étais faite dans un premier temps.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« You are contracted »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, m’a d’ailleurs dit la dame, perspicace. Menteuse.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Pendant le premier quart d’heure, j’ai donc été partagé entre la tentation d’arrêter carrément la séance et celle de réclamer un peu d’indulgence auprès de cette femme sadique par ignorance. Je n’ai fait ni l’un, ni l’autre. Et ce fût avec la détermination du patient qui supporte l’extraction d’une dent rageuse, que j’ai tu les douleurs provoquées par les manipulations de la dame.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Après l’effort, le réconfort, m’étais-je dit confiant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Au bout d’un bon quart d’heure, m’étant retourné sur le dos et me voyant les yeux ouverts, elle a entrepris de me parler. Il ne lui suffisait plus de s’acharner sur le potentiel riche et varié des zones sensibles de mon corps, il lui fallait maintenant triturer mes neurones en me harcelant de questions dont l’intérêt ne m’a pas paru immédiatement devoir justifier l’euphorie.&lt;br /&gt;Les &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« Are you french ? », « From how long have you been in Iceland ? »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt; et autres &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« Do you like this country ? »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, se sont donc succédés au rythme de mes réponses, dont la précision n’ont eu d’égale que leur concision. &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« Yes », « Eight », «Yes»&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;&lt;br /&gt;Pressentant que sa capacité à renouveler les sujets abordés était inversement proportionnelle à ses talents de tortionnaire, je décidai d’opter pour la stratégie des « yeux fermés ».&lt;br /&gt;Très cool la stratégie des « yeux fermés ». En temps normal, elle est d’une redoutable efficacité.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Une personne dotée d’un minimum de prévenance, voire plus prosaïquement d’un cerveau, comprend qu’un individu ayant les yeux clos est soit en train de dormir, soit mort, ce qui n’était pas encore totalement mon cas, mais que dans les deux hypothèses, il était vain de s’adresser à lui. J’ai cru pendant les rares secondes de silence qui m’ont été offertes que ma tactique avait été la bonne. C’était sans compter sur le pouvoir de nuisance de la dame, qui a abandonné le mode interrogatif, dont elle avait pu mesurer le peu d’influence sur mon débit oral, pour explorer le narratif et me parler d’elle et de sa vie.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Bien que je n’ai plus eu à répondre, je n’ai pas véritablement pu m’enthousiasmer pour cette sollicitude qui impliquait au moins de ma part l’apparence d’une écoute polie, que j’honorais par quelques onomatopées placées aux moments opportuns : &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;« Ha ? », « Mmm mmm », « Hooo ! »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;, etc. Outre le fond sonore aquatique prétendument relaxant et ses triturations obstinées, il me fallait maintenant subir les révélations niaiseuses de l’existence insipide de mon bourreau. J’aurais sans doute pu me taire complètement, mais peut-être ai-je pensé l’amadouer en lui faisant croire que sa conversation m’enchantait. J’avoue avoir intégralement zappé son monologue, dont je ne pourrais malheureusement pas faire état ici. Mais je me rappelle m’être efforcé de l’associer mentalement au son de l’eau qui sortait des hauts parleurs, afin de m’éviter une souffrance de plus. J’avais souhaité noyer ces mots oiseux dans le flux aqueux d’une sorte de mélopée.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je suis parvenu enfin à me détendre, à la 29e minute, épuisé par autant de sollicitations en si peu de temps. La dame m’a abandonné à la trentième très précisément. Même les supplices sont chronométrés. Le sang aussi c’est de l’argent.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Je suis demeuré seul dans la pénombre de cette pièce de 5 ou 6 mètres carrés maximum, fier d’avoir survécu, satisfait d’avoir défié mon corps avec succès et d’avoir mis ma volonté à rude épreuve. Je me suis imaginé que ces massages auraient en définitive un impact positif.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;En quittant la petite salle, décidé à découvrir tous les instruments de torture du SPA Hilton-Nordica de Reykjavik, je me suis dirigé vers les pots d’eau chaude afin de tester leur pouvoir d’affliction spécifique. Pour être honnête, je voulais en réalité m’y cacher pour profiter enfin d’un ultime moment de décontraction. Et en effet, pendant quelques instants, j’ai pu savourer le vrai bonheur de me retrouver dans une sorte d’immense baignoire ronde qui diffusait une eau très chaude.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:trebuchet ms;" &gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Now, would you like I take care of your shoulders ? It is included »&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Les yeux brusquement grands ouverts, ronds comme des billes, je me trouvais dans la situation du gars victime du violent psychopathe des films d’horreur qui finit par retrouver sa proie alors que celle-ci pense lui avoir échappé. La dame aux mains de fer et à la parole d’argent avait fini pas me débusquer. Avant même que j’ai pu formuler des réticences, elle a commencé à s’accrocher à ma nuque. C’était fou une telle obstination. Au moins s’est-elle tue pendant ses courts instants.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Grâce à Edda et Robert, j’avais enfin vécu une situation qui me permette à la fois de comprendre et de détester l’expression : c’est l’intention qui compte.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est donc avec le souvenir de cette séance à l’esprit que Rosa débute son massage. Je suis rapidement rassuré. Contrairement à la professionnelle islandaise, Rosa est douce et silencieuse. Assise sur mes jambes, ses pouces font de savantes rotations au niveau de mes omoplates en descendant jusqu’au bas de mon dos, puis remontent jusqu’à la base de ma nuque.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est véritablement décontractant. Parfois, négligemment, l’une de ses mains caresse mes fesses en effleurant mon intimité, ce qui, pour la énième fois, contribue à l’augmentation violente, massive et incontrôlable de mon désir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;Mais je ne cherche plus à comprendre les réactions imbitables de mon anatomie. Je laisse faire la nature. Pendant une dizaine de minutes, sans un mot, Rosa soulage mes douleurs fantômes comme une mère s’occupe de son enfant.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;C’est à ce point divin que je manque de m’assoupir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:trebuchet ms;"&gt;« Alors, tu racontes ? », chuchote-t-elle.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;span style="color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;... Aucun des textes de ce blog n'est libre de droit / Dépôt Cléo-SGDL du 10/07/08&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;blockquote style="font-family: trebuchet ms; color: rgb(51, 51, 51);"&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5084829909022564654-9051494984652222562?l=editeur-ecrivain-academy.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/feeds/9051494984652222562/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5084829909022564654&amp;postID=9051494984652222562&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/9051494984652222562'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5084829909022564654/posts/default/9051494984652222562'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://editeur-ecrivain-academy.blogspot.com/2008/07/lextrait-dhercule-freluquet.html' title='Le roman d&apos;Hercule Freluquet'/><author><name>Lislandais</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='25' height='32' src='http://2.bp.blogspot.com/_U_AZ_zdX24A/Siun-uHSvqI/AAAAAAAAAuw/ytB81hsw1ps/S220/P1020417bis.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
